Conseils et ressources

La rougeole frappe une nouvelle génération

Par l’équipe de rédaction d’Intrepid 24/7

La rougeole est une maladie qui affecte le plus souvent les jeunes enfants. On a toutefois vu, au début de 2015, une augmentation des cas chez les adultes — même si certains avaient été vaccinés. Comment la rougeole a-t-elle pu réapparaître en Amérique du Nord, et pourquoi tant d’adultes sont-ils touchés? Nous expliquons ici la cause et les effets du retour de ce virus hautement contagieux qui s’est réintroduit dans les collectivités canadiennes en quelques semaines seulement.

En janvier, une éclosion de rougeole aux États-Unis a fait les manchettes, avec 102 nouveaux cas dans 14 États (la plupart chez des enfants). Tous étaient liés à un groupe de cas ayant Disneyland comme point d’origine. L’attention s’est immédiatement tournée vers le mouvement anti-vaccination, qui a gagné des adeptes au cours des dix dernières années, car un nombre croissant de parents choisissent de ne plus soumettre leurs enfants au vaccin ROR (qui protège contre la rougeole, les oreillons et la rubéole). Ce mouvement est né de la croyance voulant que ce vaccin provoque l’autisme, et comme la rougeole avait pratiquement disparu de l’Amérique du Nord depuis dix ans, les parents ont cru qu’il n’était plus nécessaire de faire inoculer leurs enfants.

Parallèlement à cette croyance, on a vu apparaître chez des parents un mouvement libertaire qui les amène à rejeter tout contrôle gouvernemental et à croire qu’ils doivent décider eux-mêmes ce qui est bon pour leurs enfants. En conséquence, beaucoup de parents ont choisi de refuser que leur enfant reçoive le vaccin ROR.

En février 2015, des cas de rougeole ont commencé à surgir à Toronto, et on s’est étonné de voir parmi eux autant d’adultes — y compris des gens qui avaient été vaccinés. On compte actuellement six cas, dont quatre chez des adultes.

L’arrivée du vaccin ROR date du début des années 1960, et son utilisation a atteint un pic au milieu des années 1980. À la fin des années 1990, on a cru être sur le point de voir disparaître complètement la rougeole en Amérique du Nord, mais il a suffi d’un seul visiteur infecté ou d’un enfant non vacciné pour ramener le virus des limbes de sa quasi-éradication.

Comme le prouve l’éclosion qui s’est produite à Toronto, les adultes vaccinés ne sont pas tous protégés. À la fin de 2014, une éclosion d’oreillons (une maladie du groupe ROR) a frappé la LNH, touchant notamment Sidney Crosby et plusieurs de ses coéquipiers des Penguins de Pittsburgh. Comment cela a-t-il pu se produire? Les spéculations vont bon train quant à savoir si les gens nés entre 1970 et 1992 (c’est le cas de Crosby et de la majorité de ses coéquipiers) ne seraient que partiellement protégés contre les maladies du groupe ROR. En effet, à cette époque, les enfants ne recevaient qu’une dose du vaccin plutôt que les deux qui sont inoculées aux enfants de nos jours, car on sait maintenant que cela confère une meilleure immunité contre ces maladies.

On croit que l’éclosion de la maladie à Toronto découle du même phénomène. Le mode d’inoculation différent que les adultes ont connu pourrait expliquer que des milliers de Canadiens vaccinés pendant la période concernée risquent d’être affectés par le virus.

Que peuvent faire les adultes pour se prémunir contre la rougeole?

Selon l’Agence de la santé publique du Canada, les adultes qui sont plus à risque d’attraper la rougeole ou les oreillons devraient recevoir deux doses du vaccin ROR, la deuxième étant inoculée quatre semaines après la première 2. Cette catégorie comprend les gens qui :

  • ont été exposés à la rougeole ou aux oreillons, ou vivent dans une région où il y a eu une éclosion de ces maladies;
  • étudient à l’université ou dans des écoles de métiers;
  • voyagent à l’étranger;
  • travaillent dans le secteur des soins de santé.

L’Agence de la santé publique du Canada conseille aux adultes qui font partie des catégories suivantes de ne pas recevoir le vaccin :

  • les femmes enceintes;
  • les personnes ayant présenté des réactions allergiques potentiellement mortelles à la gélatine, à une inoculation antérieure du vaccin ROR ou à un médicament appelé néomycine;
  • les personnes souffrant d’affections médicales graves.